Voici une série flamboyante sur la longue quête de la réussite personnelle et le pouvoir de la volonté sur les forces du destin.
La date de l'entrevue : 2 juin 2009
Vous avez publié La diva, le premier tome de la série Le chant des fées.
Qu'est-ce qui ce qui vous a mené vers l'écriture ?
J'ai toujours aimé écrire... j'ai commencé dès le secondaire à rédiger des nouvelles et de la poésie. En fait, d'aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours aimé inventer des histoires. Écrire pour moi, c'est un réel plaisir. Mais quand je regarde derrière moi, je me rends compte que je n'avais jamais pris le temps de m'arrêter pour écrire... et comme c'est souvent le cas, la vie en avait décidé autrement. Alors suite à un grave accident de voiture m'ayant laissé inactif pendant quelques mois, je suis revenu à l'essentiel. L'écriture en faisait partie.
Les mots sont une réelle passion pour moi et j'aime construire des récits sous plusieurs formes ; c'est pourquoi, j'ai scénarisé et réalisé deux courts métrages. J'aime décrire et reconstituer en mots ce que voit mon imagination. Ce n'est pas une tâche ou un devoir, mais bien mon péché mignon. Tout comme mon amour du café, cela fait partie de mon petit rituel matinal.
D'où vous est venue l'inspiration ?
Ce premier roman est précieux et mystérieux pour moi, car c'est suite à la perte de ma grand-mère, l'une de mes deux fées, que j'en ai amorcé la rédaction. Je l'ai d'abord construit comme un film, et cette première version était intitulée « Simplement pour la beauté des choses ». J'ai donc imaginé différents personnages, qui avaient tous un petit quelque chose de ma chère Antoinette. Et c'est ainsi que Rose, Lady Dumburry et Jane ont pris naissance.
Sans savoir où me mènerait ce récit au début de son écriture, je savais par contre que je voulais écrire quelque chose de beau... comme un thé à la bergamote que l'on déguste par pur plaisir. C'est pourquoi, mes personnages vivent en douceur. Ils n'ont pas de malheurs, ni de grands maux. En écriture, que ce soit d'un scénario ou d'un roman, je préfère la douceur aux drames. Je crois sincèrement que c'est ce dont notre réalité actuelle a le plus besoin.
Alors à l'apogée de sa carrière, une diva, Rose, remet son choix de vie en question après une simple question posée par une journaliste.
Qu'est-ce qui vous touche dans ce personnage ?
Le CHANTDES FÉES est construit autour de Rose, une grande dame de la chanson, une femme de tête de la trempe de Céline Dion, Nathalie Choquette ou Ginette Reno. Et c'est le destin de ce personnage qui me touche. En effet, à cinq ans, Rose accompagne son père à un premier opéra. Elle est immédiatement envoûtée par le chant de la soprano qui s'élève derrière les rideaux. Mais elle ne peut voir la scène. Alors elle s'imagine que seules les fées peuvent produire une telle mélodie. D'où son expression le chant des fées, pour décrire l'opéra. Elle est émerveillée, n'ayant jamais rien entendu d'aussi beau. Elle décide alors de devenir, elle aussi, l'une de ces fées. Et toute sa vie sera menée en fonction de ce moment déterminant.
C'est ce que j'aime le plus de ce personnage, sa détermination à réaliser ses rêves, à atteindre ses buts... Mais à 93 ans, une journaliste la fait douter. Par une simple question. Alors pour la diva, tout bascule. Ce sera une rencontre déterminante tant pour Rose que pour Jane. Et c'est même le sujet du tome deux.
Entremêlée au destin de Rose, l'histoire de trois autres jeunes femmes se dessine. Parlez-nous des trois autres jeunes femmes du roman.
Dans La Diva, je tente de célébrer à ma façon, la beauté. Et ce à travers le destin de la colorature et de ces trois autres femmes dont les vies se mêlent à la sienne. Il y a Jane, la jeune journaliste qui représente le futur, qui apporte une touche dynamique et urbaine au récit. Elle représente le questionnement. Puis il y a Gloria, la grande amie et la soeur d'amitié de Rose qui s'est occupée de sa carrière et de sa vie depuis les touts débuts. Gloria représente le présent, l'ombre et les coulisses... elle est la patience et la tolérance. Et finalement, la grande Lady Dumburry, venue du Devonshire en Angleterre, qui représente le passé, les traditions et l'espoir. Et sans le savoir, ces trois femmes de trois milieux différents, de différentes générations et de mondes diamétralement opposés, sont beaucoup plus liées entre elles qu'elles ne le pensent.
Tout se passe de 1910 à aujourd'hui. Les époques se mélangent dans votre roman. Pourquoi ce choix ?
C'est le scénariste en moi, qui prend le dessus lorsque je m'installe à mon ordinateur pour écrire... Je voulais créer des tableaux et faire voyager le lecteur en un parcours composé de diverses villes et de différentes époques. Le lecteur voyage donc des quais de la gare d'Ottawa en 1910, aux vergers du Haut Saint-Laurent où habite Rose, près du pont couvert de Powerscourt. J'y prends plaisir à décrire l'arrière-scène des salles de concert tout comme les bureaux froids des grandes villes.
Mais si les époques se succèdent dans le tome un, c'était pour présenter les destinées de mes personnages aux moments les plus important de leurs vies. Encore une fois, c'est mon côté scénariste de vouloir construire une histoire avec plusieurs personnages en différentes époques. J'ai donc construit le récit sous la forme de destins qui se croisent. Et ces personnages ont tous un point en commun : elles arriveront à un carrefour essentiel de leur existence où elles devront y choisir la voie à emprunter.
Un deuxième tome sera bientôt publié. Pouvez-vous nous en parler un peu ?
Le tome deux fera le lien entre Jane et Rose. Un lien qui sera découvert par Gloria. Le second tome porte davantage sur Jane, cette jeune carriériste qui tente de percer le monde de l'information, à l'image de Rose qui avait percé en opéra. Et c'est pourquoi, j'ai intitulé la suite de LA DIVA : LA JOURNALISTE... nous comprendrons en fait pourquoi la question de Jane à la diva, lors de leur entrevue, avait tant marqué la colorature... car un secret devient lourd de sens, surtout lorsqu'il est dévoilé.
Se pourrait-il que votre trilogie soit portée à l'écran ?
Possiblement, je le souhaite à tout le moins. Le tome un, étant en fait un scénario, et le récit étant construit pour le cinéma, je garde bon espoir. Mon éditeur a d'ailleurs ce scénario entre les mains. Je me souhaite donc d'avoir autant de chance que Rose et de trouver mes fées, moi aussi ! Il serait magnifique de voir ces coulisses de l'opéra, ces essayages de costumes, ces entrevues et les magnifiques paysages de la Covey Hill portés à l'écran. Mais ce qui me toucherait le plus, serait de rencontrer Rose et Gloria. Ce serait une expérience très touchante pour moi...
Vous avez réalisé deux courts métrages, Double Espresso et Jrauomesn, présentés à Cannes en 2006 et 2007. La réalisation influence-t-elle votre façon d'écrire ?
Définitivement. J'écris au présent, en décrivant les personnages que j'ai sous les yeux et en construisant en mots, les décors qui défilent dans mon esprit. Un peu comme un réalisateur.
C'est ce mode d'écriture qui m'a d'ailleurs emmené à écrire le tome un avec des aller retour du passé au présent, et avec des sauts en différents lieux. Ce que nous voyons fréquemment, au cinéma. Je ne peux finalement retirer la plume du scénariste, lorsque j'écris mes romans.
Quel type d'auteur êtes-vous : méthodique et ponctuel ou impulsif et sporadique ?
Je suis avant tout un artiste, donc je me défini comme un auteur impulsif dans la création... mais méthodique dans la rédaction. Des périodes d'écriture sont incluses à mon agenda pour m'assurer de faire progresser de façon constante cette passion des mots.
Je suis avant tout un touche à tout, un polyvalent... avec un parcours qui ressemble en bout de piste à mes personnages. En effet, j'ai travaillé près de 10 ans dans le domaine municipal et culturel, j'ai été tuteur à la télé université et depuis un an je suis Directeur général du Complexe archéologique de Pointe-du-Buisson. Finalement, je crois avoir un peu la volonté de Rose, l'organisation de Gloria et la fougue de Jane !
Sinon, on me décrit je crois comme un homme volubile, spontané et dynamique... un créatif, quoi. Je demeure moi-même dans le Haut Saint-laurent, près de la Vallée de la Covey Hill. Et c'est dans ce magnifique paysage où j'adore me balader près des vergers, de la rivière, et du Pont de Powerscourt, que je trouve l'inspiration pour écrire. Je crois être tombé amoureux, tout comme Rose, de cette vallée de la Covey Hill.
Dans votre entourage, qui est votre premier lectorat avant publication ?
Je vais vous faire une confidence ; c'est ma muse, mon épouse à qui est d'ailleurs dédié le tome un. Elle relit tout ce que j'écris et commente ce qu'elle a aimé, ce qui l'a fait pleurer et ce que je pourrais développer un peu plus. Je me replonge alors dans mes textes et par la suite seulement, je fais lire le tout à ma soeur*, et à des amis que j'appelle affectueusement mon comité de lecture. Leurs commentaires sont précieux et leur encouragements tout autant.
Sur quoi travaillez-vous en ce moment ?
Je transforme actuellement JRAUOMESN, l'un de mes courts métrages, en nouvelle. Et je développe deux projets de récit... un suspense et un livre d'aventure pour jeunes adolescents.
Pour terminer, quel message voudriez-vous lancer aux lecteurs ?
Ce que je voudrais que l'on retienne de LA DIVA ? Que c'est le chemin emprunté qui donne un sens et une richesse au parcours. Et non pas la destination. J'ai donc tenté de broder une dentelle de beauté pour faire évoluer mes personnages. Pour montrer la beauté qui nous entoure. Quant à leur quête, elle porte sur leur volonté d'atteindre leurs buts, et sur ce que nous sommes prêt à sacrifier - ou à réconcilier - pour y arriver.
Alessandro Cassa en 5 questions :
Le métier que vous rêviez d'exercer enfant ?
Producteur de films... J'ai donc eu une bonne fée marraine je crois qui s'est occupé de moi.
Votre conte de fées favori ?
Définitivement « Merlin l'enchanteur », l'un des classiques de Disney, qui a sensiblement la même trame d'espoir et de courage, que Rose...
Votre plus beau voyage ?
Paris, sans aucun doute. Et la découverte de Versailles accompagné de ma douce, plus particulièrement. C'est ma visite au Château du Roi Soleil que je décris dans le tome un, lorsque Lady Dumburry, toute jeune, participe à un bal dans la ville lumière.
Une de vos petites manies ?
Allons-y pour les confidences... Je ne peux écrire sans un café près de moi et une petite couverture sur mes pieds. C'est mon côté douillet, j'imagine...
Quelque chose qui vous fait rire ?
Un bon souper entre amis, à refaire le monde et à tenter d'avoir la palme de l'histoire la plus cocasse !
*Alessandro Cassa est enfant unique, mais considère sa grande amie Lyne Jones, comme sa soeur d'amitié.