L'auteure a choisi d'aborder les relations amoureuses sous toutes leurs facettes : ce que l'on voit, ce que l'on sait, ce que l'on désire, ce qui nous fait peur, ce que l'on croit vouloir et ce que l'on interprète. Elle nous en dit plus dans son entrevue...
La date de l'entrevue : 5 mai 2009
Dans votre dernier livre La dynamique amoureuse, entre désirs et peurs, vous poursuivez une réflexion sur les motifs, les peurs et les désirs d'hommes et de femmes d'aujourd'hui, au fil de leurs relations affectives. Pourquoi avez-vous décidé d'écrire ce livre ?
Parce que tout ce qui touche la relation amoureuse, de son absence à son début, à sa fin est, si on en fait le total, la plus grande source de souffrance de façon générale. J'ai été très touchée par ça et je me suis dit que je pouvais apporter une contribution bien humble et une meilleure compréhension pour aider les gens à faire des choix.
1 couple sur 2 se sépare au Québec. Qu'en pensez-vous ?
Je pense que la séparation est recherchée comme solution face aux difficultés. Dans certains cas, c'est la seule solution, c'est la bonne solution. Dans d'autres cas, les personnes pourraient avoir recours à d'autres solutions parce que ces personnes-là vont répéter la même chose dans un autre couple.
En cas de tromperie, pensez-vous qu'il faut donner une deuxième chance ?
C'est très personnel car toute tromperie n'a pas le même sens pour chacun. Ça dépend où on en est dans ce couple-là, ce qu'on s'était dit, ce qu'on s'était promis. Si cela a ébranlé totalement votre relation de confiance à l'autre, vous ne pouvez pas faire semblant d'avoir trompé. Chacun doit voir cependant à ne pas banaliser la tromperie, il faut oser être authentique par rapport à ça et ne pas en faire une question d'honneur mais en faire une question de bien-être. Suis-je capable d'être bien dans cette relation-là et de reconstruire dans cette relation-là ?
Quelle est la relation la plus destructrice ?
C'est celle qui démolit dans l'estime de soi. L'autre vous porte à croire que vous ne valez rien, que sans lui ou sans elle, vous valez encore moins.
Pensez-vous qu'il est important de tout se dire au sein du couple ?
Non. C'est important de communiquer dans un couple, d'avoir un terrain commun mais que chacun puisse garder un terrain personnel. Ne pas dire une chose, ça ne veut pas dire cacher, ni mentir mais on continue d'avoir notre intérieur. C'est essentiel dans un couple.
Au Québec, 30.7% des personnes vivent seules et à Montréal, le taux grimpe à 40%. Quel est le plus grand danger qui guette les célibataires ?
La vie est plus exigeante pour les célibataires au niveau de l'économie. L'organisation de la vie est plus compliquée. C'est stressant pour une personne de savoir qu'elle ne peut pas compter sur quelqu'un d'autre face à certaines difficultés comme une perte d'emploi ou une maladie. C'est sûr qu'il y a des défis supplémentaires pour les célibataires.
La solitude est un facteur de stress psychologique important. Maintenant, ce n'est pas parce qu'on est célibataire qu'on est seul. Il y a des célibataires qui ont un excellent réseau d'amis, qui sont en contact avec leur famille. Il faut sortir de l'illusion selon laquelle le bonheur est nécessairement en couple et le malheur est nécessairement dans le célibat. Il y a du bonheur et du malheur dans le couple et il y a du bonheur et du malheur dans le célibat. Ça dépend dans quelles mesures on l'a choisi, on sait pourquoi on est là.
Ce qui m'inquiète beaucoup, c'est que le célibat soit une solution forcée par peur de l'engagement parce qu'on sait que l'engagement est source de bonheur.
Quels conseils donneriez-vous pour mieux communiquer dans un couple ?
Écouter. Trop souvent on se pose la question sur ce que l'autre dit et non sur ce que l'autre dit au fond. Ce n'est pas juste avec les mots, c'est aussi les gestes. C'est très important d'être capable de décoder les gestes. On reproche souvent aux hommes de ne pas communiquer mais c'est parce qu'ils ne communiquent pas comme nous les femmes. On est capable de décoder ce que quelqu'un fait comme par exemple courir après nous le matin pour nous donner nos clés parce qu'on les a oubliées. C'est un geste d'amour autant que quand nous rentrons le soir pour dire à l'autre à quel point on l'aime.
Qu'est-ce que la vraie intimité ?
C'est le vrai désir de connaître l'autre et de se laisser connaître, mettre une partie de soi à la disposition de l'autre. Ça ne veut pas dire envahir l'autre. On partage, on a un territoire commun qui n'est pas ouvert à tout le monde. Ça n'implique pas qu'oit complètement ouvert.
À quoi est lié le bonheur dans une relation amoureuse ?
À l'attachement. La valeur d'une relation, c'est un ensemble de ce qu'on a vécu. Et trop souvent, on associe bonheur à passion. La passion fait partie de la relation surtout au début. Mais il n'y a pas de corrélation entre bonheur et passion. Il y en aurait plus entre bonheur et intimité ou entre bonheur et attachement qu'entre bonheur et passion.
Finalement, quelle est la recette magique pour qu'un couple dure ?
Il n'y a pas de recette magique mais un couple ne doit pas absolument durer. Mais si les 2 personnes ont le désir d'être ensemble, elles vont devoir apprendre à résoudre les problèmes et non pas à les éviter, à être curieux, à s'intéresser à ce qui se passe dans la vie de l'autre personne tout en permettant d'avoir sa propre vie.
Sur quoi travaillez-vous en ce moment ?
Je commence un projet qui serait des scénarios amoureux à partir du livre La dynamique amoureuse. Ce sont des scénarios concrets.
Pour terminer, quel message voudriez-vous lancer aux lecteurs ?
La recherche de satisfaction dans la vie amoureuse dure toute la vie. Je vois trop de gens malheureux car ils n'ont pas encore trouvé le bon partenaire. Trouver le bon partenaire, c'est rechercher non seulement l'autre mais c'est aussi chercher à se connaître soi-même, et ça, on sait que ça dure toute la vie.
Rose-Marie Charest en 5 questions :
Le moment de la journée que vous préférez ?
Le matin.
Votre plus beau voyage ?
La Grèce.
Un dicton en lequel vous croyez ?
Le mieux est souvent l'ennemi du bien.
L'époque à laquelle vous auriez aimé naître ?
La mienne. Je me considère privilégiée d'être née au Québec dans les années 50.
Une couleur qui vous ressemble ?
Le bleu.